Ambassadeur des Etats-Unis à Londres, Robert Thorn réalise que son fils adoptif de cinq ans, Damien, n'est autre que la réincarnation de l'Antéchrist...
Redrum : Avec La Malédiction, Richard Donner démontre une nouvelle fois que la religion constitue une excellente source d’inspiration pour les films d’horreur. Le sujet est d’ailleurs parfaitement exploité dans le film : les textes et croyances bibliques ne sont pas seulement un point de départ mais un vrai fil rouge, traités de façon approfondie, donnant lieu à une passionnante (diabolique ?) enquête. En contrepartie, le personnage de Damien, le "malin" petit garçon, est quelque peu laissé de côté, ce qui ne manquera pas de décevoir les spectateurs s’attendant à un film d’enfant tueur classique : en cela, le film se rapproche davantage de Shining que d’Esther (jusque dans la ressemblance physique entre Damien et Danny). Cela n’empêche pas, bien au contraire, la mise en place d’une atmosphère angoissante, notamment grâce à une partition musicale et sonore toute en nuance, d’une sobriété et d’une efficacité redoutables. Sobre : voilà un adjectif qui définit parfaitement La Malédiction, œuvre incontournable à mi-chemin entre L’Exorciste et Rosemary’s baby… 4/5
Tucker : Malgré une musique de Jerry Goldsmith récompensée par un Oscar, ce sont bien les silences pesants qui confèrent à La Malédiction cette atmosphère lourde et sinistre propre aux films sur le malin. Une atmosphère tellement pesante que Richard Donner ne s’attardera pas dans le registre de l’horreur au cinéma. Il choisira par la suite un créneau beaucoup plus "grand public" avec des films emblématiques tels que les Arme fatale (c’est seulement à la télévision qu’il continuera dans l’horreur, avec la cultissime série Les contes de la crypte). Mais pour son seul essai en la matière (au cinéma), Donner réalisa un coup de maître, en donnant naissance au fils du Diable. Cette petite bouille d’ange habité par le pire démon qui soit en inspira bien d’autres, et pas des moindres… Stanley Kubrick, par exemple, dans son chef-d’œuvre Shining (rien que ça), pour cette séquence culte où Danny pédale tête baissée sur son tricycle dans les couloirs de l’hôtel, rappelant inévitablement la course effréné de Damien dans les couloirs de la demeure familiale. Avec une tension et un suspense qui ne cesse de gagner en puissance, des personnages effrayants (je ne confierai jamais, ô grand jamais, mon gamin à une Mrs Baylock…), et des scènes particulièrement chocs (le suicide de Nanny par exemple), La Malédiction n’a pas usurpé son statut de pièce maîtresse dans le traitement du satanisme au cinéma, au même titre que Rosemary’s baby et L’Exorciste . 4/5
Genre : Fantastique / Horreur
Réalisateur : Richard Donner
Acteurs : Gregory Peck, Lee Remick, David Warner, Billie Whitelaw, Harvey Stephens…
Durée : 1h51
Année de production : 1976 (États-Unis)
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