L'équipe américaine d'une base scientifique de l'Antarctique découvre un vaisseau spatial enfoui dans la glace. Une entité inconnue, qui a la propriété de changer de corps, humain ou animal, semblait y vivre. L'un d'eux a été contaminé, et la radio est en panne...
Redrum : The Thing, ou une version glaciale et fantastique de Dix petits nègres, avec pour unique décor une base scientifique en Antarctique. Quel rapport avec l’œuvre d’Agatha Christie ? Tout simplement l’ambiance paranoïaque et la suspicion régnant pendant toute la durée du film entre chacun des personnages, potentiellement possédés par "la chose", cette menace abstraite, imperceptible mais pourtant bien réelle. L’homme est un loup pour l’homme, voilà ce que nous dit John Carpenter dans ce premier volet de la "trilogie de l'Apocalypse" (poursuivie avec Prince des ténèbres et L'Antre de la folie). Car, aussi immonde soit cette "chose" lorsqu’elle entre en phase d’attaque (attention, ça saigne, ça gicle et c’est moche : bravo aux effets spéciaux de Rob Bottin !) elle présente surtout la particularité de se fondre dans le corps de celui qu’elle habite. D’où la méfiance constante entre les protagonistes, et le climat de paranoïa qui va avec. Voilà donc un huis-clos qui impose au spectateur de ne jamais se fier aux apparences, offrant ainsi de multiples pistes de lecture et interprétations métaphoriques. Ajoutez à cela un Kurt Russell ultra viril (tout est dans la barbe), une bande-son minimaliste et entêtante signée Ennio Morricone et une mise en scène impeccable, parvenant à retranscrire par de simples jeux de caméra toute l’horreur et les enjeux qui se trament dans cette station, et vous obtenez un film incontournable, qui parvient même à se bonifier à chaque nouvelle vision. 4,5/5
Tucker : L’autre chef d’œuvre de Carpenter (après Halloween, la nuit des masques). Dans cet unique univers de glace, Big John instaura le survival parfait, le huis-clos infernal, le cluedo paranoïaque ultime, tout simplement, où suspicion et doute jouent les trouble-fête à chaque instant. Sa chose (innommable), son virus, est invulnérable… on ne peut le combattre, on ne peut lutter, il suffit d’attendre et de voir (quelle séquence finale !). Kurt Russell campe un cowboy de MacReady parfait, froid, à l’instar de l’environnement qui l’entoure, désespéré, mais luttant, paradoxalement et sans relâche, pour sa survie. Référence du genre, The Thing est également connu et reconnu pour ses scènes de mutations gores absolument dantesques (signées Rob Bottin bien sûr), mais elles ne sont rien, comparées au suspense et à l’effroi se dégageant de chaque plan de cette perle de l’horreur. Le remake de La chose d’un autre monde est bien ce qui se fait de mieux en terme de relecture et d’horreur noire et pessimiste (l’histoire se répètera-t-elle ? Au vu du dernier plan, il faut croire que oui…). Une œuvre perturbante, inquiétante, qu'il faudra cependant apprivoiser, mais une oeuvre d'une telle intensité et d'une telle générosité dans ses thèmes et sa façon de les traiter, qu'elle fait incontestablement partie des grands classiques du genre. Culte. 4,5/5
Miss Strode : John Carpenter nous livre ici sa version d’un film à la façon d’Agatha Christie : on élimine petit à petit tous les membres d’un groupe (même si en l’occurrence ils ne sont pas 10 mais 12…). On ajoute une dose de science-fiction et on obtient The Thing. Le film tire son intérêt de l’atmosphère qu’il suscite : tous se soupçonnent, tous sont susceptibles d’être rongés de l’intérieur par cette chose et finalement le film fonctionne un peu comme une boucle, tragique (la base américaine finira dans le même état que celle des Norvégiens). Le huis-clos est d’autant plus pesant que l’extérieur est menaçant, les hommes sont prisonniers dans cette base alors que l’étendue qui les entoure est immense. Et les amateurs d’effets spéciaux seront ravis… À voir, ne serait-ce que pour le regard de Kurt Russel ! 3,5/5
Genre : Horreur / Science-fiction / Survival (remake de La Chose d'un autre monde)
Réalisateur : John Carpenter
Acteurs : Kurt Russell, Wilford Brimley, Keith David, David Clennon, Donald Moffat, Thomas G. Waites…
Durée : 1h49
Année de production : 1982 (États-Unis)
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