Suzy, jeune américaine, arrive à Fribourg afin de suivre des cours dans une académie de danse prestigieuse. A peine arrivée, l’atmosphère du lieu, étrange et inquiétante, surprend la jeune fille. Et c’est là qu’une élève est assassinée. Sous le choc, Suzy est bientôt prise de malaises, le cauchemar ne fait qu’empirer. Elle apprend alors que l’académie était autrefois la demeure d’une terrible sorcière, surnommée la Mère des Soupirs…
Redrum : Le ton de Suspiria est donné dès les premières minutes du film, Dario Argento plongeant l’action dans un décor gothique, au sein d’une mansion aux formes géométriques et aux couleurs anachroniques, comme une invitation au mystère, au surréalisme, à l’abstrait… Pas étonnant alors que l’atmosphère du film se retrouve teintée de fantastique, avec des meurtres restant inexpliqués et des phénomènes totalement paranormaux : une invasion d’insectes oblige par exemple les résidentes de la bâtisse à déménager leur chambre le temps d’une nuit. Cette même nuit, la vieille directrice de l’école nous apparaît en ombres chinoises, derrière un drap, allongée à la manière de Dracula, produisant un bruit étonnant à mi-chemin entre ronflement et respiration. Dans cette ambiance sordidement baroque, les meurtres sont chorégraphiés tel le balai lancinant de la mort. Les femmes en sont quasiment les seules victimes, chaque assassinat est orchestré avec virtuosité, de façon froide et méthodique dans un souci constant d’esthétisme (Dario Argento aime décidément faire périr ses victimes dans des éclats de verre). La bande-originale, signée Goblin, accompagne parfaitement ce conte mortuaire kaléidoscopique, leur musique expérimentale n’étant pas étrangère à ce climat de terreur constante. Les actrices, toutes parfaites, à commencer par une Jessica Harper aérienne, satellisent de leur côté tout le charme, la douceur mais aussi la cruauté qui gravitent dans cet horrible univers. Un grand cru. 4/5
Tucker : Ce n’est pas pour rien que l’on surnomme le cinéaste italien Dario Argento, il Maestro ! Il le prouve ici avec Suspiria. Merveilleuse histoire de sorcellerie à l’esthétisme sublime, à la mise en scène virtuose, à la photographie colorée superbe. Tout est d’une intensité effroyable, de la magnifique musique du groupe Goblin au suspense implacable. Les scènes de crimes, inventives, sont méticuleusement filmées par le maître, donnant naissance, paradoxalement, à une incroyable beauté. Suspiria est de ces films qui vous laissent un souvenir impérissable, de ceux qui vous emporte de la première à la dernière seconde… Comment ne pas rester bouche bée devant la beauté angélique, innocente de Jessica Harper, devant ces plans travaillés à la perfection, devant ce panel hallucinant de couleurs, qui fait toute la singularité de cette œuvre magistrale. Suspiria n’est plus un film, mais une œuvre d’art… animée. Et même si certains passages prêtent à sourire, Suspiria n’en demeure pas moins une référence du cinéma d’horreur. Sublime, baroque, envoûtant. 4,5/5
Genre : Horreur / Epouvante / Thriller
Réalisateur : Dario Argento
Acteurs : Jessica Harper, Stefania Casini, Alida Valli, Miguel Bosé, Udo Kier, Joan Bennett
Durée : 1h35
Année de production : 1977 (Italie)
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