Dans le désert californien, des spectateurs incrédules assistent aux aventures d’un pneu tueur et télépathe, mystérieusement attiré par une jolie jeune fille. Une enquête commence.
Redrum : Humaniser un pneu, voilà l’extravagante mission que s’est fixé Quentin Dupieux (jusqu’ici plus connu sous le nom de Mr Oizo) avec Rubber. Pari réussi, puisque cette petite chose caoutchoutée et meurtrière, monopolisant l’écran 1h25 durant, s’avère très vite attachante ! Dire de Rubber qu’il s’agit d’un film gonflé n’est pas qu’un simple jeu de mot : lent, peu varié dans sa progression, distillant un minimum de dialogues, il possède toute la panoplie du film qui déroute. D’autant que l’œuvre fait l’apologie du non-sens au cinéma, avec une accroche (« no reason ») récurrente, à laquelle le film n’a de cesse d’obéir : le Lieutenant Chad (délicieux Stephen Spinella), matérialise à lui seul toute l’absurdité du propos de Quentin Dupieux, avec des répliques et une allure rappelant tour à tour Tarantino et les frères Coen. Si l’on peut donc aisément réprouver le film, il est un point qui mettra tout le monde d’accord : la technique. Non seulement on se demande par quel procédé le pneu est animé, mais surtout on reste scotché par la beauté de chaque plan, de chaque image du film. Cette obsession de l’esthétisme, alliée à une inventivité certaine, se fait si rare qu’il serait dommage de passer à côté de Rubber, d’autant que quelques passages gores combleront tous les amateurs d’hémoglobine que vous êtes ! 3/5
Tucker : Quentin Dupieux est un petit plaisantin (on le savait), mais avec Rubber, il se regarde un peu le nombril, étalant grassement son savoir-faire en matière de réalisation. Il est indéniable qu’il la maîtrise à la perfection, mais au delà de ça et du concept pour le moins original (et gonflé !) d’un "film-hommage" au non-sens, c’est un peu la sortie de route. Un vieux bout de caoutchouc explosant des têtes pour se venger, ça va bien 5 minutes, mais étalé sur 90, cela devient très vite lassant... Surtout que les scènes de meurtres -deuxième grande attraction après la seule présence de ce fameux pneu psychopathe- s’avèrent ultra répétitives. Et, bien que le déchiquetage de caboches -auquel le réalisateur doit vouer un culte sans nom- soit fort réussi et très gore, après 2-3 séquences trash, on finit malheureusement par saturer… Les points positifs sont donc à chercher du côté du visuel, léché, de la chose, de plusieurs séquences hallucinantes (appelées à devenir cultes) et de son interprétation et humour "pince-sans-rire". En ce sens, le shérif est tout bonnement impayable et notre improbable tueur se révèle…attachant ! Incroyable mais vrai ! On l’imagine aisément se bidonner, poussant la chansonnette, après son premier meurtre, "kiffer grave la life" devant le Nascar à la télé, ou encore se sentir seul au monde au fond de la piscine…(!) Toutes les émotions y passent (si, si !) : quelle performance ! Certains acteurs -bien vivants eux- n’ont qu’à bien se tenir. Mais quand même, Rubber tourne bien en rond. Enfin, en même temps, pour un pneu… 2,5/5
Miss Strode : Un pneu tueur en série, voilà qui a de quoi déconcerter et augurer du pire… Mais finalement, on s’en sort pas si mal : il y a des passages vraiment sympas et chose incroyable, on se surprend à trouver ce pneu... expressif ! La mise en abyme que crée le groupe des spectateurs est aussi assez rigolote, notamment lorsqu’on se surprend à avoir les mêmes réflexions qu’eux. Bref, Rubber nous offre un p’tit voyage dans l’absurde qui alterne les passages loufoques et les scènes lancinantes (ça reste quand même un pneu hein…). Une bonne surprise ! 3/5
Genre : Comédie horrifique / Slasher
Réalisateur : Quentin Dupieux
Acteurs : Stephen Spinella, Roxane Mesquida, Jack Plotnick, Wings Hauser, Tara Jean O'Brien
Durée : 1h25
Année de production : 2010 (France)
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