Vendredi 26 novembre 2010 5 26 /11 /Nov /2010 18:40

Guy Woodhouse et sa femme, enceinte, décident de s'installer dans un immeuble new-yorkais assez ancien, considéré comme un lieu démoniaque. Aussitôt, leurs voisins imposent leur amitié et leurs services. Si Guy accepte facilement ce voisinage, Rosemary s'en inquiète...


rosemary's baby mia farrow lit griffures

Redrum : Souvent citée parmi les œuvres les plus effrayantes de l’histoire du cinéma, Rosemary’s baby n’est pourtant pas un "choc" d’horreur et d’angoisse : nous sommes ici en présence d’un drame psychologique teinté de fantastique. Comme souvent chez Polanski, l’auteur installe son histoire et ses personnages doucement, calmement, prenant soin de ne jamais tomber dans la surenchère gore mais au contraire d’ancrer l’action dans un quotidien terriblement banal. À travers une mise en scène d’une sobriété exemplaire, et en distillant les indices comme autant de petites graines, Roman Polanski brouille les cartes : Rosemary est-elle vraiment possédée ou complètement parano ? Quelle est la part de vérité dans l’histoire ? En proie au doute, on s’identifie aisément à l’héroïne du film (Mia Farrow, mignonne comme un cœur) et l’on souffre à ses côtés. Rosemary’s baby est aussi une réflexion sur la parentalité et l’émancipation (hasard ou coïncidence, c’est seulement après avoir coupé ses cheveux façon garçon que Rosemary s’affirme pour de bon), portée par des acteurs au sommet de leur talent, notamment les "diaboliques" Ruth Gordon et Sidney Blackmer. La musique d’ouverture et de fermeture, berceuse douce et sordide à la fois, symbolise à elle seule cette œuvre fortement déconseillée aux futures mamans ! 4/5

Tucker : Un jeu d’acteurs parfait : John Cassavetes en mari, pas si idéal que ça, "au poil" et énigmatique, et des voisins sortis tout droit d’une autre planète, Minnie Castevet en tête (Ruth Gordon reçu d’ailleurs l’oscar pour ce rôle), entre sorcière diabolique et vamp sur-maquillée ! Enfin, Mia Farrow excelle, bien que son personnage angélique et nunuche au départ (qui évoluera de fort belle manière par la suite) puisse en énerver plus d’un… Une mise en scène virtuose : plans serrés et caméra qui bouge sans cesse, instaurant une tierce personne et un véritable malaise, certaines scènes étant particulièrement intenses (la poursuite dans l’ascenseur, la révélation au scrabble, la cabine téléphonique…). Rosemary’s baby s’apparente presque au huis clos parfait, où Polanski permet une double lecture permanente, entre cauchemar et réalité : "Ro" a-t-elle perdu la tête, ou est-elle véritablement sous l’emprise d’un complot ? Le cinéaste distille des indices ça et là -nous lançant sur une piste- pour ensuite nous en faire douter avec malice. Quel dommage, alors, de ressentir quelques longueurs : avant de conclure par exemple, avant ce dénouement final magistral et terriblement sombre. Voici donc le principal défaut du film : des passages paraissent bien longs, et ce, malgré leur nécessité dans l’instauration d’une terreur latente et psychologique, le risque étant de décrocher, ce qui hélas a pu m’arriver… Mais Rosemary’s baby n’en reste pas moins, et finalement, un grand moment de cinéma, paranoïaque et machiavélique, malsain et précurseur sur bien des points. 4/5


rosemary's baby Minnie Castevet Ruth Gordon judas

rosemary3.jpg Genre : Drame psychologique / Fantastique
Réalisateur : Roman Polanski

Acteurs : Mia Farrow, John Cassavetes, Ruth Gordon, Sidney Blackmer, Maurice Evans, Ralph Bellamy, Victoria Vetri, Patsy Kelly, Elisha Cook Jr., Emmaline Henry…
Durée : 2h16
Année de production : 1968 (États-Unis)

 

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Publié dans : Drame psychologique
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Commentaires

Bonsoir, chaque fois que je vois ce film, je suis terrifiée (surtout quand on connaît la fin). Ce film qui a plus de 40 ans n'a rien perdu de sa force. Ruth Gordon fait froid dans le dos. Un film à déconseiller aux femmes enceintes. Bonne soirée.
Commentaire n°1 posté par dasola le 29/11/2010 à 17h26

Une bonne soirée à toi également dasola ! Et effectivement : une terrifiante atmopshère, un terrifiant scénario, de terrifiants voisins et, pour rien arranger à l'affaire, une terrifiante (et macabre) histoire autour du film...

Réponse de Tucker le 29/11/2010 à 20h06

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