Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules…
Redrum : Almodóvar qui tape l’incruste chez Les Ingoruptibles, qui l’eut cru ? Et pourtant… Avec La Piel que habito, le réalisateur espagnol aux gros cheveux signe un thriller fantastique inattendu, loin de ses habituels mélos. Une constante cependant : la notion d’identité sexuelle est encore une fois une thématique forte du film, abordée sous un angle plus sordide que jamais… Résultat : une œuvre dérangeante, dans laquelle Antonio Banderas brille en chirurgien perturbé à plus d’un titre. Une sacrée performance au service d’une histoire de dingue, dont Almodóvar distille les clés au compte-goutte, faisant des deux premiers tiers du film un modèle d’orchestration de rythme, d’une limpidité exemplaire. Et malgré ses faux-airs d’œuvre Cronenbergienne (« Long live the new flesh », une devise que revendiquerait sans nul doute le professeur Ledgard), ne nous méprenons pas : La Piel que habito est une œuvre très personnelle, dans laquelle Almodóvar parvient même à dénicher la digne héritière de Penelope Cruz en la personne d’Elena Anaya, sublime Vera. Du grand cinéma. 4,5/5
Tucker : Une ambiance loufoque, baroque, extravagante propre au cinéaste espagnol confère un côté presque surréaliste à cette Piel que habito. Pour autant, lors de son premier acte, ce mélange détonnant ne se marie pas forcément avec le cinéma de genre dont il est question. La narration (tordue elle aussi) n’arrangeant rien à l’affaire, l’intrigue de ce thriller noir est un mystère de bout en bout. Nous sentons bien évidement en substance, une raison, un fil rouge plausible à ce véritable jeu de massacre, mais la mayonnaise ne prend pas vraiment. Le spectateur (que je suis) lâche un peu prise, s’ennuie (presque) jusqu’à ce moment charnière du film… jusqu'à ce terrible et jouissif retournement de situation… Dès lors, tout s’éclaire, les situations passées prennent enfin sens, le tortueux thriller (que l’on attendait) commence véritablement et devient comme par enchantement palpitant... l’intrigue et le scénario que l’on avait du mal à cerner au départ se révèlent finalement implacables et particulièrement bien ficelés. Au final, Almodóvar aura (péniblement) réussi à m’emporter et son objet de désir n’en finira de se bonifier avec le temps, à n’en point douter... 3,5/5
Genre : Thriller
Réalisateur : Pedro Almodóvar
Acteurs : Antonio Banderas, Elena Anaya, Marisa Paredes, Jan Cornet…
Durée : 1h57
Année de production : 2011 (Espagne)
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"Surprise", c'est le mot. On ne s'attendait pas non plus à un film de ce calibre de la part d'un réalisateur qui n'avait jamais vraiment réalisé de film de genre...