Renfield, chargé de conclure une transaction imobilière avec le comte Dracula, se rend dans son château des Carpathes, où l'aristocrate, qui s'avère être un vampire, va l'hypnotiser pour le mettre sous ses ordres. Débarqué en Angleterre, Dracula ne tarde pas créer de nouveaux semblables parmi la société locale en commençant par la jeune Lucy, fille du directeur de l'asile...
Tucker : Difficile de parler d’un tel mythe. Dracula de Tod Browning nous emporte dans les prémisses de l’horreur au cinéma, en compagnie de ce comte effroyable, campé par un Bela Lugosi totalement habité. Outre l’interprétation magistrale (mais un peu surfaite, avec le temps) de Lugosi, celle furieuse et énigmatique de Dwight Frye (Renfield) impressionne. Les confrontations entre Dracula et Van Helsing sont, elles aussi, en ce sens, de véritables bijoux, avec en point d’orgue celle où notre professeur commence à succomber au pouvoir de Dracula… Difficile aussi de critiquer un film lorsque les conditions de visionnage furent si particulières. En effet, l’œuvre de Browning nous a été proposé en ciné-concert plein air, avec une adaptation musicale signée Philip Glass accompagné du Kronos Quartet et dirigée par Michael Riesman. Bien que cette partition colle parfaitement au récit, nous ne pouvons nous y fier complètement. Mais au ressenti même, Dracula est une véritable expérience, sorte d'initiation au fantastique. Telle la belle Mina (Helen Chandler), nous sommes envoutés par ce conte funèbre qui, au final, peut être interprété de différentes façons. 3,5/5
Redrum : Mission très difficile que d’évoquer ce Dracula, œuvre pionnière ayant fait partie des premières vagues d’exploitation commerciale de films d’horreur au début du siècle. Mission doublement difficile, même, puisque le film a été vu en plein air, remis en musique par Philip Glass et interprété avec le Kronos Quartet et Michael Riesman. Il n’empêche que, malgré son ancienneté, l’œuvre reste tout à fait regardable. D’abord, le noir et blanc de l’époque confère d’emblée au film l’aspect brumeux et malsain dépeint par Bram Stoker dans le roman original. Ensuite, comment ne pas être enthousiasmé par la prestation de Bella Lugosi en comte Dracula tout autant mystique et terrifiant que drôle et romantique ? Ses répliques -avec l’accent de rigueur- et ses mimiques valent à elles seules le détour. Et permettent de faire oublier un certain manque de rythme une fois la première demi-heure écoulée. Dommage que le film se détache dans sa deuxième moitié de l’œuvre de Bram Stoker, parti pris certes inhérent à toute adaptation mais hélas forcément préjudiciable à ceux qui ont lu (et adoré, comme moi) le livre. Un film principalement adressé aux amoureux de canines pointues, de cercueils confortables et de pellicule rayée. 3/5
Genre : Horreur
Réalisateur : Tod Browning
Acteurs : Bela Lugosi, Helen Chandler, David Manners, Dwight Frye, Edward Van Sloan
Durée : 1h15
Année de production : 1931 (Etats-Unis)
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