Vendredi 3 septembre : le Forum des Images débute les festivités pour une nouvelle édition, cette année encore assez hétéroclite. Documentaires rock, films dramatico-horrifiques et satires sociales s'achevant en bain de sang, le programme de 2010 s'avérait aussi hybride qu'une créature de Cronenberg.

Malheureusement, c'est uniquement le mardi 7 que Les Ingoruptibles entament les réjouissances avec Le Dernier Exorcisme de Daniel Stamm. Film très attendu, la nouvelle production d'Eli Roth semble convaincre l'assemblée malgré son peu de nouveauté et sa fin quelque peu ubuesque... On notera tout de même le jeu persuasif des acteurs, surtout de Ashley Bell dans le rôle de la jeune Nell, qui semble réellement habitée (tout ceci sans jeux de mots douteux).
On enchaîne directement avec Nous sommes ce que nous sommes, film du réalisateur mexicain Jorge Michel Guay. Sombre histoire de cannibales livrés à eux-mêmes à la suite du décès d'un des leurs, la production pourtant plébiscitée au dernier festival de Cannes se révèle assez mollassonne. Pudique dans ses démonstrations, le réalisateur semble s'enterrer dans la suggestion de l'horreur tout en nous octroyant un dernier quart d'heure sauvage, nous laissant malgré tout sur notre faim... Dommage car une magnifique photographie vient rehausser ces quelques faiblesses.

Après un mercredi consacré à des galettes moins horrifiques mais tout aussi jubilatoires (dont l'incroyable documentaire Lemmy consacré au chanteur de Motörhead, à juste titre sous-titré 49% motherf***ker, 51% son of a bitch), nous faisons un retour en grande pompe le jeudi 9 septembre pour une soirée spéciale consacrée à Tobe Hooper.
Après une projection de Massacre à la tronçonneuse au sein d'une salle surexcitée, nous assistons à une seconde boucherie, cette fois-ci intitulée Massacre dans le train fantôme, dont il est inutile de décrire le synopsis... Ultra-fun et second degré, Hooper nous déverse cependant quelques beaux moments de frayeur. Pas de répit pour les braves et pour la dernière séance de la soirée, on entame un aller simple pour la Corée. The Housemaid d'Im Sang-Soo nous plonge dans le quotidien d'une famille bourgeoise, engluée dans de trop nombreuses conventions sociales. Un thriller aux allures dramatiques, tendu et poignant, qui évite le pathos pourtant attendu.

Vendredi 10, même heure -ou sensiblement-, même endroit. Film à scandale ayant bénéficié d'une interdiction aux -18 ans, A Serbian Film de Srdjan Spasojevic semble déchaîner les passions. On en attend beaucoup, peut être trop, et c'est avec une certaine appréhension que l'on prend place au milieu d'une salle ultra-comble. Autant être direct : question malaise, on en a pour son argent. La descente aux enfers de Milos, acteur porno appâté par le tournage d'un nouveau film, est décrite sans fards. A grand renfort d'hémoglobine, de sévices sexuels sur tout et n'importe qui, le film caractérisé de porno snuff semble porter fort bien son étiquette. Sans trop en dévoiler, mieux vaut avoir le cœur bien accroché, ne pas avoir d'enfants en bas-âge et avoir dîner léger avant de se lancer dans un potentiel visionnage... Clôturant de belle manière le film, un débat avec son scénariste achève de convaincre (et d'exaspérer) les plus réticents.

Malgré quelques déceptions et de sanglantes découvertes, la seizième édition de l'Étrange Festival réussit pourtant son objectif : nous projeter des bizarreries douteuses et parfois extrêmes en toute impunité, devant nos regards bienveillants d'aficionados venant en nombre. Et ça, ça n'a pas de prix.
Pour terminer, voici le palmarès du festival :
- Prix Nouveau Genre (compétition long métrage) : Buried de Rodrigo Cortés (Espagne, 2010) – 1h35 - Sortie française le 3 novembre 2010
- Grand Prix Canal+ (compétition court-métrage) : All Flowers In Time de Jonathan Caouette (États-Unis, 2010).
- Prix du Public (compétition court métrage) : One Night d'Alexandra Schepisi (Australie, 2009).
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