Lundi 3 novembre 2008
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France, début des années 70. Enlevée quelques mois plus tôt, la jeune Lucie est retrouvée errante sur une route
de campagne. Traumatisée, mutique, elle est placée dans un hôpital où elle se lie d'amitié avec Anna, une fille de son âge. Quinze années passent avant que la fillette, devenue femme, ne retrouve
ses soi-disant bourreaux, qu'elle exécute froidement au fusil de chasse, sans avoir pris la peine de vérifier s'ils étaient réellement ses anciens tortionnaires. Rejointe rapidement sur les lieux
du drame par Anna, Lucie tente d'échapper à une créature cauchemardesque la traquant sans cesse depuis son évasion, tout en cherchant à découvrir l'effroyable vérité...
Miss Strode : Film déconcertant et gênant... Au
départ, tout commence comme un film "gore", mais l'intrigue ne se satisfait pas de la simple rage de Lucie. Le réalisateur aurait pu choisir de ne pas adopter cette chronologie et préférer
nous montrer les supplices que l'adolescente avait subit ; au lieu de cela, il continue son récit, au présent : la vengeance n'est plus une fin. Le spectateur devient voyeur d'une souffrance
injustifiée et injustifiable. A travers ce triptyque qui dépeint l'horreur, la douleur et la détresse, le réalisateur parvient à nous faire côtoyer une cruauté arbitraire et
inhumaine. Le "spectacle" de torture que l'on nous montre ne peut laisser insensible. Il déshumanise, dérange, bien plus que ne le ferait un film comme Hostel. Martyrs est un
film déroutant, qui nous montre l'homme non plus comme une personne, mais comme un être enfermé dans sa réalité, aveuglé par sa folie. 4/5
Redrum : Difficile de juger ce film qui se divise en trois parties si distinctes qu'elles constituent presque chacune un film à part entière, la dernière demi-heure étant
d'ailleurs si crûment violente qu'elle nous fait quasiment oublier le reste. Un prisme d'émotions nous submerge tout au long du film, nous plongeant tour à tour dans la folie (supposée) de
Lucie, son amitié avec Anna, puis le calvaire qui les attend... A la fois drame psychologique, slasher et snuff movie, ce mélange des genres s'avère perturbant pour le spectateur et laisse au
final une impression mitigée, brouillonne. Paradoxalement, c'est aussi ce qui donne toute la puissance à ce film, qui choquera, agacera, touchera...bref, ne laissera personne indifférent. Le
cinéma français nous gratifie rarement d'œuvres d'une telle trempe, alors ne boudons pas notre plaisir. 3,5/5
Tucker : Attention, chef d'œuvre ! Jamais film n'avait traité de la torture et du châtiment de la sorte, à tel point qu'il propulse ces "activités" (n'ayons pas peur des mots)
au rang d'art... Ces souffrances insoutenables, si bien physiquement que mentalement, sont filmées et réalisées avec une telle intensité, une telle beauté que Martyrs aurait dû être
interdit aux mineurs : Laugier est allé si loin dans son propos, que l'on se prend à être émerveillé par la mise à nue et à sang du corps humain. Au final, cette expérience incroyablement
puissante, et à la fois bouleversante et dérangeante, n'est pas à mettre entre toutes les mains... Intense et extrême. 5/5
Genre : Épouvante / Drame psychologique / Gore
Réalisateur : Pascal Laugier
Acteurs : Morjana Alaoui, Mylène Jampanoï, Catherine Bégin, Robert Toupin, Patricia Tulasne,
Isabelle Chasse, Mike Chute, Anie Pascale
Durée : 1h37
Année de production : 2008 (France)
Pas grave pour le doublon. Quant à ton avis sur le film, tu n'es certainement pas le seul à avoir cette opinion. Comme tu as pu le constater, nous avions été assez convaincus par cette oeuvre, effectivement très dérangeante. Pour ma part, j'avais eu la chance d'assister à l'avant-première en présence de Pascal Laugier, ce qui avait permis d'apporter quelques clés de lecture et justifications.
Dans tous les cas, ce film ne laisse pas indifférent et c'est là tout son mérite ;)
Effectivement, cette interdiction a fait couler beaucoup d'encre ! Entre mai et juillet 2008, de nombreux débats ont précédé la sortie du film, d'abord interdit au moins de 18 ans. C'est finalement la ministre de la culture de l'époque (Christine Albanel) qui a demandé une révision de cette décision.
Chacun aura son avis sur la question, pour ma part je pense qu'un ado de 16 ou 17 ans (donc lycéen) est totalement capable de faire la part des choses et de voir ce film sans en ressortir traumatisé. J'approuve donc la décision de Christine !
C'est effectivement certain : à ne pas mettre à la portée de n'importe qui. Merci en tout cas pour cette intervention, on constate que nos lecteurs sont aussi des adultes :)