Mardi 1 juin 2010
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Une nuit, Caleb, un jeune fermier de l'Oklahoma, rencontre la belle Mae. Fasciné, il tente de la séduire et
obtient d'elle un baiser qui devient une morsure. Ce contact va entrainer Caleb dans le monde des compagnons de Mae, le monde des vampires. Il devra apprendre à tuer pour s'abreuver du sang de
ses victimes.
Tucker : Avant d’être oscarisée pour son brillant
Démineurs, Kathryn Bigelow faisait ses grands débuts (après avoir co-réalisée The Loveless) dans le cinéma
fantastique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas grand chose à envier à son James Cameron d'ex-mari !
Car avec beaucoup moins de dollars et de notoriété, elle signait avec Aux frontières de l’aube, un film cru et sans concession, atteignant aujourd’hui le statut de
culte. Certes, Near Dark se révèle difficile d’accès, car extrêmement lent et très eighties dans son style et le look de ses
personnages (vêtements et coiffures démodés), mais il n'en est pas moins un très bon road movie, sombre, violent, désespéré. En choisissant de casser l’image du
vampire, connu jusqu’alors sous les traits de séducteurs au teint blafard, aux dents longues et au charme quasi irrésistible, elle le rend plus humain, plus misérable aussi, en
quête de sang pour survivre, une fois la nuit tombée et nous offre une des meilleures relectures du mythe. Fini la cape noire et les dents longues donc, dans cette atmosphère
étouffante, les vampires sont ici des vagabonds, rebuts de la société, malades, pillant la ville et dévorant les humains, pour exister... Et en mêlant différents styles, comme le
western moderne, le road movie, le drame sentimental et l’horreur, Kathryn Bigelow signait donc avec Aux frontières
de l'aube un film de vampires déconcertant, lent (trop par moment), mais incroyablement intense et envoutant, laissant une trace indélébile.
3,5/5
Redrum : On a tendance à l’oublier,
Kathryn Bigelow (oscarisée en 2010 pour Démineurs) a réalisé en 1987 Aux frontières de l’aube, film de
vampires sombre et radical dont la majeure partie de l’action se déroule de nuit. Et surtout, œuvre d’une noirceur, d’un pessimisme et d’un désespoir frappants. Condamnés à la
vie éternelle, les pauvres héros du film semblent subir constamment ce fardeau qui les use psychiquement et mentalement. Parfait exemple de cette claustrophobie
temporelle, le petit Homer, coincé dans un corps d’enfant, prête d’abord à sourire avant de s’avérer touchant. Le terme de "vampire" n’est jamais cité dans le
film, ce qui laisse planer le doute et humanise d’autant plus tous ces personnages. Le film de Bigelow brille donc par son approche inédite,
privilégiant une démarche réaliste éloignée des figures imposées et de l’imagerie généralement associée aux vampires, avec en prime de l’émotion ! Un soupçon de romantisme pointe
en effet le bout de son nez à travers le couple formé par Caleb et Mae, dignes successeurs de Roméo et Juliette, deux êtres que
tout sépare mais pour lesquels les sentiments priment sur la raison. Aux frontières de l’aube est donc une curiosité à découvrir, à condition toutefois d’accepter
quelques longueurs, une bonne dose de dialogues franchement chiants et surtout une esthétique périmée. 3/5
Genre : Horreur
Réalisateur : Kathryn Bigelow
Acteurs : Adrian Pasdar, Jenny Wright, Lance Henriksen, Bill Paxton,
Jenette Goldstein, Joshua John Miller
Durée : 1h35
Année de production : 1987 (Etats-Unis)
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